Il y a un an, personne ne cherchait « ChatGPT Ads » sur Google. Aujourd’hui, la requête approche les 600 recherches par mois en France, et la courbe ne fait que monter.
La raison est simple : OpenAI a ouvert sa régie publicitaire, et les annonces s’affichent désormais à l’intérieur des conversations. Un espace que personne ne maîtrise encore.
Nous avons monté un compte de bout en bout pour un organisme de formation, avec un vrai budget et de vraies annonces.
Cet article raconte ce que nous y avons trouvé : le fonctionnement réel, ce que ça coûte, et surtout les pièges que la documentation ne mentionne nulle part. Vous n’aurez pas besoin de les payer vous-même.
- On n’achète pas de mots-clés : on décrit son offre, le système décide où diffuser.
- Tous les visuels sont recadrés en carré. Prévoyez du 1080 × 1080.
- L’interface n’affichera jamais vos ventes, seulement vos clics.
- Les conversions doivent être configurées avant la création de la campagne. C’est irréversible.
- Inventaire neuf, concurrence faible en France : le coût d’entrée est bas, ça ne durera pas.
ChatGPT Ads, c’est quoi exactement ?
ChatGPT Ads est la régie publicitaire d’OpenAI. Elle permet à un annonceur de diffuser des annonces directement dans l’interface de ChatGPT, au milieu d’une conversation en cours.
Concrètement, un utilisateur pose une question à l’assistant. C’est là que les annonceurs entrent en jeu. Il cherche un logiciel de facturation, une formation, un artisan.
L’IA répond normalement, et à côté de cette réponse peut apparaître une carte sponsorisée : une image, un titre, une phrase courte, un lien. Les publicités sont clairement identifiées comme telles, OpenAI ayant fait le choix de ne pas les fondre dans les réponses de l’IA.
C’est la grande différence avec le référencement dans les IA. En generative engine optimization, on travaille pour être cité par le moteur, gratuitement mais sans garantie.
Ici, on achète un emplacement à côté de la réponse, sans toucher à la réponse elle-même. Les deux approches se complètent plus qu’elles ne se remplacent.
Pour un annonceur, l’intérêt saute aux yeux : ChatGPT capte une part croissante des recherches d’information, et les internautes y arrivent avec une intention souvent plus mûre que sur un moteur classique.
Quelqu’un qui décrit son problème en trois phrases à une IA en dit beaucoup plus long qu’en tapant trois mots dans une barre de recherche.

Comment fonctionne le ciblage sur ChatGPT Ads
C’est le point qui déroute le plus les annonceurs venus de Google Ads, et il faut le comprendre avant de dépenser le premier euro : on n’achète pas de mots-clés.
Là où Google vous demande quelle requête vous voulez acheter, OpenAI vous demande de décrire votre offre. Le champ s’appelle « indices contextuels ».
Vous y écrivez, en langage naturel, ce que vous vendez, à qui, et dans quel contexte c’est pertinent. Le système lit ensuite les conversations en cours et décide seul lesquelles méritent votre annonce.
Sur notre compte, nous avons rempli ce champ avec une description de l’offre de formation, le public visé, la certification et le mode de financement. Rien d’autre. Pas de liste de mots-clés, pas d’exclusions, pas de correspondance exacte.

Vous perdez le contrôle du ciblage, et vous perdez aussi la visibilité sur ce qui l’a déclenché. Impossible de savoir quelle formulation a fait apparaître votre annonce, donc impossible d’optimiser comme sur un compte Google Ads mature. Vous décrivez, le système décide, vous constatez.
Le seul levier de ciblage vraiment explicite reste géographique. Vous choisissez le pays, et c’est à peu près tout. Impossible aujourd’hui de personnaliser finement une audience : pour cette personnalisation, il faudra attendre que la régie mûrisse.
Les formats publicitaires disponibles
L’offre est encore mince, ce qui est logique pour une régie qui démarre. Pour les annonceurs, le format principal est la carte sponsorisée, composée d’un visuel, d’un titre court et d’une description.
Une règle à retenir, et elle nous a coûté une reprise complète : OpenAI recadre tous les visuels en carré.
Nous avions fourni une image en paysage, parfaitement composée. Elle est ressortie tronquée à mi-largeur, texte coupé. Il a fallu recréer l’annonce avec une image carrée.
- Visuel : 1080 × 1080 pixels, carré. Jamais de paysage, il sera massacré.
- Titre : 50 caractères maximum.
- Description : 100 caractères maximum.
- Logo de compte : une image carrée de 1024 × 1024 est exigée. Sans elle, OpenAI vous relance par mail et affiche le favicon de votre site, rarement à son avantage.
Un conseil pratique : produisez vos visuels en HTML et CSS, puis capturez-les. Vous corrigerez un tarif ou une mention légale en une minute, sans rouvrir un logiciel de retouche ni refaire toute la série.
Si vous préférez rester sur un outil visuel, notre guide Canva pour les entreprises couvre la mise en place de gabarits réutilisables.
Créer sa première campagne ChatGPT Ads
La structure de l’Ads Manager d’OpenAI, son gestionnaire de publicités, reprend une logique familière, proche de celle de Google Ads ou de Meta Ads. Trois étages, chacun avec son propre interrupteur de diffusion.
- Le compte publicitaire porte l’identité de l’annonceur, la devise, le fuseau et le moyen de paiement.
- La campagne porte l’argent : budget quotidien, dates, plafond total, objectif, pays ciblé.
- Le groupe d’annonces porte le ciblage, c’est-à-dire les indices contextuels.
- Les annonces portent le visuel, les textes, l’URL de destination et les paramètres de suivi.

L’ordre de montage compte plus qu’on ne le croit. Voici celui que nous recommandons après l’avoir appris à nos dépens.
- La mesure d’abord. Installez le suivi des conversions et vérifiez qu’il remonte de vraies données avant de créer quoi que ce soit.
- Le domaine ensuite. Vérifiez-le dans la console d’administration, avant même d’en avoir besoin.
- La campagne en pause. Rien n’oblige à diffuser pendant la préparation.
- Les visuels au bon format, puis les annonces, puis le logo de compte.
- La vérification finale, et seulement alors la mise en diffusion.
Combien d’annonces au démarrage ?
Comptez trois annonces minimum au lancement, avec trois angles distincts. Sur notre compte, nous avons opposé un angle prix d’entrée, un angle financement et un angle catalogue. Au bout de quelques semaines, on sait laquelle des trois portes intéresse vraiment.
Combien coûte la publicité sur ChatGPT ?
Le modèle est au coût par clic. Vous ne payez pas l’affichage, seulement le clic vers votre site.
Le budget se pilote au quotidien, avec un plafond total sur la période, et le prélèvement se déclenche par paliers. Notre compte tournait sur un budget volontairement modeste, avec un plafond dur qui rendait tout dérapage impossible.
Un point de vigilance sur les niveaux d’enchères : l’inventaire est neuf et les annonceurs français encore rares. Mécaniquement, la concurrence est faible et les coûts d’entrée sont bas. C’est l’argument le plus solide en faveur d’un test immédiat, et il ne durera pas.
En revanche, soyons honnêtes sur les petits budgets. En dessous d’une vingtaine d’euros par jour, le volume de clics ne permettra aucune conclusion statistique sérieuse.
Vous saurez si ça mord, pas pourquoi. Traitez un premier mois comme une prise de température, pas comme un test A/B.
Mesurer les conversions : la limite à connaître avant de lancer
Voici la partie que nous aurions aimé lire avant de commencer, parce qu’elle est irréversible.
Le piège à ne pas rater. On ne peut pas rattacher un événement de conversion à une campagne après sa création. Si vos définitions de conversion n’existent pas au moment où vous créez la campagne, vous ne pourrez plus les y associer. Jamais.
La conséquence est concrète : le gestionnaire de publicités n’affichera que des clics. Pas de ventes, pas de leads, aucun indicateur de retour sur investissement dans l’interface. Un bandeau vous invitera en permanence à associer vos événements, sans que vous puissiez le faire.
Les deux suivis à monter, sans en sauter un
Il existe deux parades, et il faut les monter toutes les deux.
Le suivi côté navigateur, avec un pixel classique qui déclenche les événements d’achat, de mise au panier et de prise de contact.
Attention si votre site utilise un cache agressif : certains outils convertissent les scripts en base64, et une recherche dans le code source ne trouve rien alors que le pixel est bien présent. Vérifiez en décodant, pas en cherchant du texte.
Le suivi côté serveur, qui envoie les conversions depuis votre back-office plutôt que depuis le navigateur. Plus fiable, insensible aux bloqueurs, et indispensable pour tout ce qui se conclut hors ligne.
Un piège qui touchera tous les organismes de formation : OpenAI refuse tout événement horodaté à plus de sept jours. Une commande réglée tardivement, par exemple un dossier de financement validé trois semaines après l’inscription, sera rejetée.
Il faut soit horodater sur la date de paiement réelle, soit basculer explicitement sur la date du jour en le consignant, parce que l’événement devient alors temporellement faux.
Enfin, posez des paramètres de suivi sur chaque annonce. C’est la seule façon de retrouver, dans vos propres outils, ce que ce canal vous a réellement rapporté. La colonne des ventes, vous la lirez chez vous, pas chez OpenAI.
C’est la partie qui fait abandonner la plupart des annonceurs : le suivi des conversions, côté navigateur et côté serveur. Nous le mettons en place et nous le testons avec de vraies commandes.
ChatGPT Ads ou Google Ads : que faut-il comparer ?
La tentation est grande de présenter ChatGPT Ads comme le futur remplaçant de Google Ads. C’est prématuré, et ce n’est pas le bon angle.
| Critère | Google Ads | ChatGPT Ads |
|---|---|---|
| Ciblage | Mots-clés achetés, correspondances, exclusions | Description de l’offre, arbitrage automatique |
| Contrôle | Élevé, jusqu’au terme près | Faible, boîte noire |
| Concurrence | Saturée sur la plupart des marchés | Très faible en France |
| Mesure | Mature, attribution complète | Clics seulement dans l’interface |
| Formats | Nombreux | Carte sponsorisée |
| Maturité de l’intention | Requête formulée | Problème en cours de formulation |
Ajouter plutôt que remplacer
Le bon raisonnement n’est pas de remplacer, mais d’ajouter. Google Ads reste l’outil de captation des intentions déjà formulées. ChatGPT Ads capte des gens en train de formuler leur problème, souvent plus haut dans leur réflexion. Ce sont deux moments différents du parcours.
Un annonceur qui n’a pas encore un compte Google Ads propre n’a rien à gagner à se disperser. Un annonceur dont l’acquisition tourne déjà bien a tout intérêt à occuper le terrain maintenant, pendant que personne ne s’y bouscule.
Le même raisonnement vaut d’ailleurs pour ChatGPT Shopping, l’autre porte d’entrée commerciale ouverte par OpenAI.
Les pièges qu’on a rencontrés sur un compte réel
L’interface est encore en version bêta, et ça se sent. Voici ce qui nous a coûté du temps, pour que ça ne vous en coûte pas.
Quatre bizarreries de l’interface
Le tableau des annonces ne se charge pas. Sur notre compte, l’onglet listant les annonces est resté un squelette gris en permanence.
Conséquence directe : une annonce existante n’est pas modifiable. Pour corriger une erreur, il faut créer une nouvelle annonce depuis l’onglet des groupes, puis mettre l’ancienne en pause.
La gestion des utilisateurs a déménagé. Le bouton d’invitation de l’Ads Manager échoue en silence, avec un message d’erreur sans aucun détail.
La raison n’a rien à voir avec l’adresse invitée : les accès se gèrent désormais dans une console d’administration séparée, et rien ne fonctionne tant qu’un domaine n’a pas été vérifié. Attendez-vous à passer par un enregistrement DNS.
Une annonce parasite peut apparaître. OpenAI a auto-créé sur notre compte une annonce vide pointant vers la page d’accueil.
Vérifiez la liste réelle de vos annonces plutôt que ce que l’interface veut bien afficher, et mettez en pause ce qui n’a rien à faire là.
La validation prend un peu de temps. Les annonces passent en revue avant diffusion. Pour une offre liée à l’intelligence artificielle, le motif de vérification affiché peut être inquiétant, mais nos trois annonces sont toutes passées.
La checklist avant de lancer
À dérouler dans l’ordre. Les trois premiers points ne se rattrapent pas après coup.
- Les événements de conversion sont créés et remontent un vrai succès, testé sur une commande réelle. Irréversible ensuite.
- Le domaine est vérifié dans la console d’administration, sinon aucun accès ne pourra être partagé.
- La campagne est créée après la mesure, jamais avant.
- Les visuels sont carrés, en 1080 × 1080, et le logo de compte en 1024 × 1024 est posé.
- Trois annonces au minimum, sur trois angles différents.
- Les paramètres de suivi sont renseignés sur chaque annonce, avec la variable de l’identifiant d’annonce.
- Le plafond de dépense est fixé, et la date de fin aussi.
- Les annonces parasites auto-créées sont repérées et mises en pause.
Huit points, et chacun peut coûter une reprise complète. Si vous préférez déléguer le montage plutôt que d’essuyer les plâtres, c’est exactement ce que nous faisons.
Faut-il se lancer maintenant ?
Notre position, après avoir monté un compte complet : oui pour tester, non pour miser.
Oui pour tester, parce que l’inventaire est neuf, que les coûts d’entrée sont bas, et qu’être présent tôt permet d’apprendre pendant que les autres regardent.
Un compte se monte proprement en une journée de travail, et le plafond de dépense vous protège de toute mauvaise surprise.
Non pour miser, parce que le ciblage reste opaque, que l’interface ne vous montrera pas vos ventes, et qu’aucun annonceur ne dispose aujourd’hui du recul nécessaire pour promettre un rendement. Méfiez-vous de quiconque vous vend de la performance garantie sur un canal aussi jeune.
La vraie valeur d’un premier mois se trouve ailleurs que dans le chiffre d’affaires : dans un tracking propre, dans une compréhension concrète du canal, et dans l’avance que ça donne quand les enchères commenceront à monter.
En parallèle, ne lâchez pas l’organique. Être présent dans les réponses de l’IA sans payer reste le meilleur investissement long terme : nous détaillons la méthode dans notre guide pour apparaître dans les réponses de ChatGPT, Perplexity et Gemini.
Questions fréquentes sur ChatGPT Ads
Non. La diffusion dépend du pays, du type de compte et du contexte de la conversation. Les utilisateurs disposant de certains abonnements payants ne voient pas de publicités.
Partiellement. La lecture des campagnes, des groupes et des annonces fonctionne bien, et c’est même plus fiable que l’interface. En revanche, aucun envoi d’image n’est possible par API : tous les visuels passent obligatoirement par le navigateur. La gestion des utilisateurs n’est pas exposée non plus.
Oui, dans la plupart des cas. Le recadrage systématique en carré rend inutilisables les formats horizontaux conçus pour d’autres régies. Prévoyez une déclinaison dédiée.
Comptez quelques heures pour le démarrage de la diffusion après activation, et au minimum trois à quatre semaines avant de tirer la moindre conclusion. Avec un budget modeste, le volume de données reste faible et les premiers jours ne veulent rien dire.
Oui, à condition d’accepter le statut de test. Le ticket d’entrée est faible et le plafond de dépense protège le budget. C’est plutôt le temps de montage et la mise en place du suivi des conversions qui constituent le vrai coût.
Vous voulez tester ChatGPT Ads sans y passer vos journées ?
Structure du compte, visuels aux bons formats, annonces, et surtout un suivi des conversions qui fonctionne vraiment, côté navigateur et côté serveur.
Vous gardez la main sur le budget. Nous prenons en charge la partie qui fait perdre du temps.
Agence SW accompagne les entreprises de Nancy et Bordeaux sur l’acquisition digitale : Google Ads, référencement naturel, et désormais les régies publicitaires des moteurs conversationnels.


